Le "People Pleasing" : Pourquoi vouloir plaire à tout le monde vous épuise (et comment s'en libérer)
- Aurélie Philip
- il y a 12 minutes
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Introduction
Avez-vous déjà dit « oui » à un énième service alors que vous étiez à bout de forces ? Vous arrive-t-il de passer des heures à reformuler un SMS pour être sûr de ne froisser personne ? Si l’idée même de décevoir quelqu’un vous provoque une boule au ventre, vous faites sans doute l’expérience de ce qu’on appelle le People Pleasing (ou le besoin compulsif de plaire).
Contrairement à la simple gentillesse, le people pleasing n’est pas un choix, mais un mécanisme de survie. En tant que psychopraticienne, je vois de nombreux patients arriver en consultation avec un épuisement profond, sans réaliser que leur pire ennemi est leur propre incapacité à dire « non ».
Qu’est-ce que le People Pleasing ?
Le people pleaser (celui qui veut plaire à tout prix) place les besoins, les opinions et les émotions des autres avant les siens. Ce n'est pas seulement être "sympa", c'est une forme d'hyper-vigilance relationnelle. On agit comme un caméléon pour s'adapter aux attentes de l'entourage, par peur d'être rejeté ou critiqué.
Pourquoi avons-nous ce besoin vital de plaire ?
Le besoin de plaire ne vient pas de nulle part. Il prend souvent racine dans trois mécanismes psychologiques :
La peur du rejet : Inconsciemment, nous pensons que si nous ne sommes pas « parfaits » ou « utiles », nous ne serons plus aimés.
Le conditionnement de l’enfance : Beaucoup ont appris tôt que l’amour était conditionnel. On recevait de l’attention seulement quand on était « sage », qu’on aidait ou qu’on ne faisait pas de vagues.
L’évitement du conflit : Pour certains, une tension ou un désaccord est perçu comme une menace grave. Plaire devient alors un bouclier pour maintenir une paix (souvent artificielle).
Le coût caché : Pourquoi cela vous épuise ?
Vouloir satisfaire tout le monde est une mission impossible qui mène droit à l’épuisement. Voici ce que cela vous coûte réellement :
La perte d’identité : À force de dire ce que les autres veulent entendre, on finit par ne plus savoir ce que l’on pense ou ce que l’on veut vraiment.
La fatigue émotionnelle : Porter un masque de "personne parfaite" demande une énergie monumentale.
Le ressentiment : C’est le piège ultime. On finit par en vouloir aux autres de nous en demander autant, alors que c’est nous qui n’avons pas posé de limites.
"Dire oui aux autres alors que l'on veut dire non, c'est se dire non à soi-même."
Comment commencer à s’en libérer ? (Conseils de psy)
Sortir du people pleasing ne se fait pas en un jour, mais c’est un muscle qui se travaille.
1. Observez la "pause"
Avant de répondre à une sollicitation, accordez-vous 5 minutes. Demandez-vous : « Est-ce que je le fais parce que j’en ai envie, ou parce que j’ai peur de la réaction de l’autre ? ».
2. Apprenez à tolérer l'inconfort
La première fois que vous direz « non », vous vous sentirez probablement coupable. C’est normal. C’est ce qu’on appelle la "culpabilité de croissance". Acceptez cette émotion sans revenir sur votre décision.
3. Testez de petites limites
Commencez par des choses sans enjeux : refuser une invitation à un café, ou dire que vous n'aimez pas tel restaurant. Vous réaliserez que le monde ne s'écroule pas quand vous exprimez votre avis.
4. Redéfinissez votre valeur
Votre valeur ne dépend pas de votre utilité. Vous êtes légitime à prendre de la place, même si vous ne rendez service à personne.
Conclusion
Le chemin vers soi demande parfois de décevoir les autres. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de la santé mentale. En posant des limites, vous ne perdez pas vos vrais amis ; vous filtrez simplement ceux qui n'aimaient que votre silence et votre disponibilité.



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